By Thomas Gold, KF9 Dominican Republic

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Après un mois passé dans la  succursale de Samanà de mon institution de microfinance Esperanza, me voici, de retour à la capitale Santo Domingo, après une journée entière de voyage. Samanà ne se trouve qu’à un peu moins de 250km de la capitale, mais le manque d’infrastructures routières et le fait qu’une seule compagnie œuvre dans le transport de voyageurs, rendent un voyage des plus banals dans le monde occidental en une épopée d’une journée en République Dominicaine.

Pas facile de se remettre dans le bain du travail de gestion et d’administration, réalisé ici au siège d’Esperanza après avoir en quelque sorte tiré le rideau et été au cœur de l’action, littéralement les manches retroussées et mains dans la boue (la saison des pluies commence à s’annoncer dans les Caraïbes).

Pourtant les tâches qui m’attendent ici au siège de l’institution ne manquent pas de challenge et d’intérêt, avec notamment la mise en place d’un outil de mesure de l’impact social qui me permet au passage de rencontrer et discuter avec les cadres d’Esperanza et de les managers des différents programmes de microcrédits et services complémentaires de santé et d’éducation.

Il y a deux mois encore, la microfinance se représentait dans mon esprit, comme un concept, un outil qui permet d’accélérer le développement économique d’une région tout en y apportant des progrès sociaux  comme le renforcement du pouvoir économique et de l’autonomie des classes les plus pauvres. Après un entraînement complet dans les bureaux de Kiva, le concept se matérialisait en problématiques économiques (taux d’intérêts élevés, modalités de prêts, viabilité économique des institutions de microfinance, modèle de personne à personne et transparence). Enfin, après une première semaine au siège d’Esperanza, la microfinance devenait des noms de programmes menés dans le pays, associés à des chiffres (portefeuille d’actifs, nombre d’associés) et des points sur une carte (les succursales !).

Cependant, tous ces concepts et ces idées se sont évanouis pendant un mois, remplacés par des questions beaucoup plus pratiques : Dans quelle « Guagua » (voir vidéo) dois-je monter si je veux voir la réunion du groupe «Unidas para Seguir » après celle de « Trabajando para el futuro » , ou encore « Comment puis-je faire pour inciter Maribel a me parler plus en détail de son commerce et de ses plans » et enfin « Comment cela se fait-il que tant de commerces tenus par les clientes d’Esperanza sont à ce point identiques ». Ce brusque changement de réalité m’a fait perdre de vue les objectifs d’analyse sur le terrain des principes et concepts précédemment exposés. Peut-être que l’aspect le plus intéressant  et ambitieux du travail de Kiva Fellow est d’être capable de zoomer et dézoomer avec agilité entre le travail de terrain et de bureau,  faire un pont entre le pratique et le théorique.

J’ai encore beaucoup à voir et apprendre sur le terrain, notamment les aspects de ce qui est appelé ici la microfinance Plus, c’est à dire les services complémentaires de santé et d’éducation. J’espère aussi pouvoir pousser un peu plus l’analyse sur les différents aspects de la méthode Grameen de microcrédit, qui est celle implémentée par Esperanza.

Cependant, une chose m’a réellement marqué : En un mois, à chaque fois que j’ai expliqué que je travaillais au sein d’une institution qui donne des prêts de petits montants sans besoin de garanties, mes interlocuteurs se mettaient soudainement à me porter un intérêt des plus vifs, et au bout de quelques minutes essayaient de voir s’ils ne pouvaient pas obtenir un prêt par mon intermédiaire.

Bien que je ne les ai jamais vus, beaucoup de clients d’Esperanza m’ont décrit leur seule autre option pour obtenir du crédit : Des véhicules ambulants, faisant office de banques, et offrant des prêts à court terme aux commerces sur la route, avec des intérêts allant de 10% à 20% par mois ! Seules les personnes ayant un emploi stable dans le tourisme, peuvent, avec l’appui d’une lettre de leur employeur, obtenir un prêt dans une institution bancaire normale. Ceci démontre, que si la microfinance est bien implantée dans certains pays, elle a encore un énorme marché et marge de développement en République Dominicaine et  certainement dans beaucoup d’autres pays.

Après un mois à Samanà, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de clients, de temps en temps de profiter de leurs services pour découvrir des pâtisseries que je n’avais jamais goutées,  ou encore faire des achats aussi banals que du pain. Je me suis même vu parfois offrir des produits, et notamment 500g d’un excellent morceau de calamar. Lors d’une visite touristique un weekend, j’ai eu l’occasion de passer un moment, cette fois-ci en tant que client, avec  un entrepreneur d’Esperanza, que j’avais précédemment rencontré, et qui tient une « boucherie-bar ». Tous ces relations commerciales des plus normales, mettent en évidence s’il en était encore besoin, que les connexions entre les entrepreneurs de pays en voie de développement et les membres de Kiva (qu’ils soient Kiva Fellows, ou plus simplement  prêteurs) se font d’égal à égal, basé sur la confiance et le respect mutuel nécessaires à une saine relation commerciale.

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English version

After spending one month in my MFI’s branch office in Samanà, I am back in Santo Domingo, the capital city, after a day-long trip. Samanà is less than 250Km (150 miles) from Santo Domingo, but the lack of well-maintained roads and the fact that only one company offers transportation between the two areas transforms what would have been an ordinary trip in the western world into an epic journey in the Dominican Republic.

It is not easy to get back into the swing of doing the administrative work carried out in Esperanza’s main office when one has been witnessing what happens in the field  rolling-up the shirt sleeves and literally plunging one’s hands in the mud (the rainy season is just starting in the Caribbean). However, the tasks to be accomplished in Esperanza’s headquarters do not lack challenge or merit, comprising of, in particular, the setup of a social impact assessment tool.  This gives me the opportunity to meet Esperanza’s most experienced employees and the managers of different microcredit programs and accompanying health and education services.

Two months ago, my concept of microfinance was of a tool that enables and supports economic development of an area or country, while contributing to social improvements such as the empowerment of, and increase in autonomy of the lowest social classes. After completing a comprehensive training at Kiva’s offices, this concept became more defined in terms of economic issues such as high interest rates, loan terms, the sustainability of MFIs, and so on. Eventually, after spending one week at Esperanza’s main offices, microfinance materialized into concrete facts such as microcredit program names and relevant statistics (portfolio outstanding, number of clients) and thumbtacks on a map (the branch offices!)

However, all of these concepts and  thoughts vanished as soon as I arrived in Samanà, and were replaced by much more practical questions : “In which ‘Guagua’ (see the video)  do I have to jump in if I want to attend both the‘Unidas para seguir’ and ‘Trabajando para el futuro’ group meetings” or “How can I encourage Maribel to tell me more about her business and her plans for the future” and at last “Why do so many clients’ businesses look exactly the same?”. This radical change of scenery caused me to forget  the need to analyze the principles and concepts of microfinance described above while in the field.  Maybe one of the most challenging parts of a Kiva Fellow’s work  is to be able to zoom in and out with flexibility and ease between office work and work in the field, or being able to bridge between the theoretical and practical aspects of microfinance.

I still have a lot to see and learn about in the field, particularly around the aspects of Microfinance Plus,  or the complementary health and education services. I also hope I will gain a better insight on the outcomes of the Grameen method, implemented by Esperanza.

Nonetheless, one thing has really struck me: every single time that I have explained  that I am working with an institution that gives small loans without requiring any collateral, the person I am talking to starts paying much closer attention to me and eventually asks if they can get a loan through me.

Although I have never seen them, many of Esperanzas’ clients described to me their only other mean of getting credit: vehicles passing by and acting as informal banks, lending money to roadside businesses with interest rates ranging between 10% and  20% a month! Only people with a steady job in tourism may apply for a loan in a traditional bank, after requesting a letter of support from their employer. This demonstrates that although microfinance may be strongly established in certain countries, it still has a wide and untapped market t in the Dominican Republic and certainly in many other countries.

After one month in Samanà, I had the opportunity to meet a lot of generous clients, and to enjoy their businesses from time to time, tasting new pastries or purchasing everyday items such as bread. I once was even offered a 1lb piece of excellent calamari. On a tourist trip one weekend, I stopped by at an Esperanza entrepreneur’s “butcher-bar”, but this time as a client. All these normal business relationships highlight the fact that connections between Kiva’s entrepreneurs in the developing world and Kiva members (either Fellows or lenders) are based on trust and mutual respect between equals, which is necessary for any kind of business relationship.

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Lots of thanks to Gemma for helping with the translation!

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